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MessagePosté: 19 Mai 2009, 02:14
par Llewellyn
J'ai repris l'ensemble des contributions ; en voici les extraits significatifs, une sorte de synthèse.

Pourquoi les 'gentils' gagnent

* Arwen : ils se battent pour des valeurs : famille, liberté, courage.

* Cissou : triomphe de l'amour (tu penses à celui de Lily ?) et du courage.

* Lily Ewans : présence cyclique d'un bon et d'un méchant au pouvoir...

* Arwen : regret sur les bonnes fins (« happy ends ») senties comme obligatoires ?

* Pat Rorrythe : la loi du plus fort ; massacre des innocents.
Pas tout à fait d'accord. Cette soit-disant loi est une interprétation simpliste des théories de Darwin. Dans la nature, tant du côté des animaux que des plantes, ce n'est pas nécessairement ni toujours « le plus fort » qui gagne. Mais je sortirais du sujet en détaillant cela. Voir des livres ou cours d'éthologie.

* Arwen revient avec l'argument que Voldemort a créé en Harry son pire ennemi. Ce que démontrera --enfin !-- l'extrême fin du tome 7.

* Gustavo de la science rappelle que Harry et ses amis, et Dumbledore, ne sont pas des anges, ni James Potter étudiant et quelques autres. Mais la distance avec Voldemort est quand même formidable !

* Pour Loufoca Logica, Lily aurait été presque « parfaite » mais a tout de même fouillé la chambre de sa sœur. De plus, elle ramenait des choses plus ou moins répugnantes, de l'avis de Pétunia.

* Arwen retrouve (dans RM 1) que les Mangemorts ne sont pas unis, se réjouissant de l'humiliation des autres. Et tous craignent fort Voldemort et Bellatrix. Au point que les Malefoy apparaissent bien pathétiques !

* Milk rappelle que, tout simplement, il s'agit d'un conte, même s'il dure sept ans sur quatre mille pages, qui doit « bien » se terminer. Ce sont des livres pour enfants et adolescents, ils doivent véhiculer des valeurs morales et positives.
Quant aux Mangemorts, ils ne sont « unis » que par la peur de leur maître. Dans RM on voit à plusieurs reprises Voldemort s'en prendre aux maladroits : malheur à qui échoue !
Et Milk de conclure : « C'est la victoire de l'amitié, de l'amour, de l'esprit d'équipe ».

* Cliodna va en gros dans le même sens.

* Manath : non, même lorsqu'il « n'y a plus » d'espoir, les gens ne se suicident pas. Ou pas tous...
Puis elle rappelle la longueur du règne de Voldemort, l'ambiguïté du comportement des chefs, dirigeants, ministres (etc.) qui veulent le rester, ceci dans Harry Potter (Fudge ..) comme dans la vraie vie.
Enfin comme je le disais plus haut (en commentaire de Milk) une fin autre que bonne est impensable.
Dans son livre Harry Potter ou l'anti Peter Pan, Isabelle Cani, docteur ès lettres, analyse et explique merveilleusement cela. (Fayard 2007 – pour moi c'est le « huitième » Harry Potter. Achetez-le, empruntez-le ou volez-le, mais lisez-le !)

* La Pensine va dans le sens de la plupart en récusant le manichéisme, à savoir des tout bons et des tout mauvais. Mais on sait que les héros ne sont pas si angéliques, je ne détaille pas cela, ce serait un peu long. Et si les héros étaient parfaits, cela ne conviendrait guère que dans des histoires pour petite fille de trois ans maximum. Le réalisme veut que les enfants ne soient pas toujours sages, les adultes non plus d'ailleurs.
« La vie n'est pas forcément juste ».
Voilà un point très important par contre : celui qui veut absolument de la justice sera frustré. On se souvient tous du comportement constant du Pr Rogue envers Harry ; ce dernier est traité avec la plus noire injustice, et ne s'en plaint pourtant pas trop... Voilà de la grandeur d'âme ! Il est vrai qu'il n'y peut rien, et Dumbledore non plus ? Enfin c'est un ressort important de l'intrigue !

* Manath : oui, l'erreur est humaine, sans le plus petit doute ! Dès le premier tome, on voit le trio de tromper, croyant que c'est le Pr Rogue qui veut la pierre, alors que c'est le Pr Quirrel. Et il y en aura bien d'autres. Et Voldemort semble bien humain, avec toutes ses bourdes...

* Shinigami, après la Pensine, recadrent le sujet, et rappellent aussi qu'une bonne fin est attendue, que le héros « ne peut pas » mourir avant cette fin, mais qu'il n'est pas obligé d'être parfait. Ouf ! (Voir Isabelle Cani, qui détaille et explique parfaitement ce point de pure technique littéraire).

* La Pensine s'interroge, et conclut : « ce ne sont pas les gentils qui gagnent mais les méchants qui perdent !!! »
C'est assez exact dans le cas de Voldemort : il a tellement fragmenté son « âme » qu'elle est gravement fragilisée ; il a méconnu « l'ancienne magie » que fut le sacrifice par amour d'une mère, Lily pour Harry ; l'inquiétude d'une autre mère pour son fils (Narcissa pour Drago) après l'Avada kedavra qui s'est retourné contre Voldemort ; la fureur d'une autre mère, Molly, qui tue Bellatrix ; il avait contre lui une certaine Hermione Granger supérieurement intelligente qui a bien aidé Harry, avec une fidélité et une constance admirables ; il a méconnu les Reliques de la mort, à l'exception de la baguette ; le courage de Harry mais aussi celui de Neville qui tranche la tête du serpent Nagini, le dernier des Horcruxes ; enfin le comportement des baguettes. Il voulait « la plus puissante », il l'a eue, mais pas dans les bonnes conditions. Et à ce sujet il avait commis une grave erreur de raisonnement sur le véritable propriétaire de la puissance de la baguette. Severus Rogue a payé cette bévue de sa vie. Quelle importance pour Voldemort que ce meurtre ?
Avant même l'ultime lutte entre Harry et Voldemort, ce dernier avait déjà perdu, mais il ne le savait pas encore.

* Banker va dans le même sens : « ce sont les méchants qui perdent, par bêtise, par suffisance, par orgueil. » « Les meilleurs méchants sont ceux qui savent ne pas aller trop loin » ! Oui, on peut rêver.

On voit que la question initiale est bien difficile !
Elle pose la question de la morale de l'histoire, celle de tout conte ou roman.
Il apparaît nettement que Voldemort devait périr, mais pas Harry.


A vos commentaires !

MessagePosté: 19 Mai 2009, 20:22
par Françoise
quelle belle synthèse ! toutes mes félicitations ! bravo ! bravissimo ! je suis bien d'accord avec tout ce qui est dit et je vais m'empresser de trouver le livre "Harry Potter ou l'anti Peter Pan"

MessagePosté: 19 Mai 2009, 20:51
par Llewellyn
Merci !
J'ai fait ce résumé car l'ensemble devenait difficile à suivre. Normal, chacun y va de son idée. Et je souhaitais voir au juste le résultat de toutes ces réflexions sur ce sujet passionnant.

I. Cani : j'espère que d'autres seront convaincus ; après lecture, un avis serait bienvenu (dans "que lire après Harry Potter ?)